Difficultés scolaires : message aux mamans qui en font trop

Difficultés scolaires : message aux mamans qui en font trop

Le jeu de mot de l’illustration est de Jacques Salomé. Beaucoup d’auteurs ont écrit sur la relation à la mère, source apparemment de bien des maux… Bien entendu il n’est pas question ici de culpabiliser qui que ce soit, la culpabilité étant le sentiment le plus inutile à notre évolution… Je souhaite seulement m’adresser aux mamans qui s’inquiètent sans cesse pour leur enfant. Ce qui est apparemment encore plus dommageable pour les garçons que pour les filles (d’ailleurs, les garçons dyslexiques présentent plus de troubles que les filles, y aurait-il un lien?). Elles sont emplies des meilleurs sentiments, mais elles n’aident pas leur enfant. Explications.

Si dans les premières années de vie l’enfant est effectivement très dépendant de sa maman (ou de l’adulte nourricier, je dis maman par simplicité), rapidement, il cherche à s’émanciper, et ses tentatives doivent être encouragées. CESSEZ DE FAIRE A SA PLACE.

Camille rentre furieuse du collège : « Maman tu m’avais pas dit que le capitaine était mort ! à cause de toi j’ai raté mon contrôle ! » Sabine est confuse, hier soir, elle était si fatiguée qu’elle a sauté quelques pages, dans sa lecture de l’île au trésor, et non, elle n’a pas compris que le capitaine était mort… Par conséquent, dans son résumé du matin avant que sa fille ne monte dans le bus, il était bel et bien vivant… (anecdote véridique !). Combien de mamans font les devoirs à la place de leurs enfants ? Levez la main !
J’ai reçu un jour un papa en pétard (oui, il y a aussi des papas poules…) qui voulait des explications parce que j’avais décidé de ne pas compter dans la moyenne le 20/20 de son fils en rédaction. « Mais monsieur, c’est vous qui avez écrit la rédaction, pas votre fils… » « oui, et alors ? il a eu 20/20, vous devez compter sa note… »

Les deux enfants des anecdotes ci-dessus étaient dyslexiques. Les parents s’investissaient énormément pour leur réussite, ils y passaient un temps et une énergie impressionnants. Je leur rends ici hommage. Quel sacrifice…

Mais est-il bon de se sacrifier ainsi ? Vous êtes-vous mis à la place de l’enfant ? Que ressent-il face à ce sacrifice ? Que s’oblige-t-il à faire en retour ? Ou plutôt : qui s’oblige-t-il à ETRE en retour ? Car devant un tel don de soi, comment s’autoriser à défendre son propre territoire, à prendre sa place ? Plus de tentatives d’émancipation. Avec pour compensation une frustration toujours plus grande, une colère rentrée, véritable bombe à retardement, qui si elle n’explose pas à l’adolescence contre la mère, explosera sans raison apparente dans sa vie d’adulte… contre le futur conjoint ! Votre couple va-t-il bien ? Cherchez la mère… Je vous suggère la lecture très inspirante et libératrice du livre de Guy Corneau « N’y a-t-il pas d’amour heureux ? ». Lisez-le pour vous, mais surtout pour vos enfants et pour leur futur !

Votre enfant a des difficultés scolaires et vous courez les spécialistes avec lui, ajoutant à son emploi du temps (et au vôtre) des contraintes avec lesquelles il est de plus en plus difficile de jongler et qui vous épuisent ? Posez-vous la bonne question : « Et moi ? »

A quand remonte la dernière journée que vous vous êtes offerte ? Rien que pour vous. Une journée cocooning, massage, randonnée en forêt, sorties entre copines… sans enfant, sans mari, sans rendez-vous, sans devoirs, sans stress. Car c’est de cela avant toute chose, dont a besoin votre enfant : une maman qui n’est pas qu’une maman, qui ne fait pas de son rôle de mère son sacerdoce, sa croix, creusant la dette de ses chers petits envers elle… une maman qui existe aussi en tant que femme, et qui pendant qu’elle est femme, autorise par là-même son fils à être autre chose qu’un fils, à exister, à expérimenter la liberté d’être soi, sans la menace maternelle. Car il y a quelque chose de menaçant à sans cesse s’efforcer de coller aux attentes des parents, menace d’autant plus forte que leur investissement et sacrifices sont importants…

Comme toujours, c’est une question d’équilibre… Et cet équilibre passe par un travail sur soi. Mon existence ne dépend pas de la réussite de mes enfants. Je suis là pour eux, je m’assois à la table du salon pour faire les devoirs avec eux une fois, deux fois par semaine, mais je ne contrôle pas chaque exercice, chaque note, chaque soupir de mon enfant étouffé par une mère contrôlante… Personnellement j’ai des enfants qui trichent, mentent et ne font pas régulièrement leurs devoirs. Ce n’est pas la règle, mais ça arrive ! Je le sais. Et j’en suis contente (si, si !). Pourquoi ? Parce que c’est sain. Je ne m’en fiche pas. Je contrôle une ou deux fois par semaine, j’oblige parfois à refaire un exercice bâclé ou à terminer deux heures durant un travail qui aurait dû être entrepris depuis belle lurette et qui est à rendre pour le lendemain ! Mais je les laisse souffler. Exister. J’ai confiance en eux. Leur avenir sera beaucoup plus affecté par mon attitude que par un devoir raté. Une mère contrôlante et étouffante est le pire cadeau empoisonné qu’on puisse faire à sa future belle-fille… Oui je vois loin, mais c’est MAINTENANT qu’il faut y penser. Pour VOUS aussi. Parce que vos enfants ne font qu’un court stage dans votre vie. Guy Corneau dit qu’à 14 ans, leur éducation est finie, et je suis de son avis ! Il faut les laisser aller. Les laisser vivre leurs drames. Reprendre les rennes de sa vie de femme, s’épanouir sans eux ! Et ça, c’est très difficile quand on a passé des années à se sacrifier « pour le bien ». Alice Miller, dans son fascinant livre « C’est pour ton bien », justement, montre à quel point la frontière entre amour et maltraitance est ténue, lorsque l’adulte confond amour et dépendance affective… A lire absolument.

Et vous, comment vous situez-vous ? Parvenez-vous à vivre les difficultés scolaire de Léo sans angoisse ou au contraire faites-vous partie des super-mamans qui s’oublient et qui « donnent tout » ? Pas de culpabilité, hein !? Juste une prise de conscience ! Je trouve que le « métier de maman » n’est pas très bien balisé de nos jours, et je salue toutes les mamans, qui font de leur mieux, parfois sans beaucoup de soutien, et qui à mon sens mériteraient une médaille…

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