Il ne met aucun sens sur les apprentissages : deux défis pour l’aider

Il ne met aucun sens sur les apprentissages : deux défis pour l’aider

En ce troisième jour post-rentrée des classes, j’interroge mon fils au retour de l’école. Il est en CM2, a la même maîtresse depuis trois ans, et hormis sa légère surdité – corrigée – c’est un élève tout ce qu’il y a de plus normal, calme et plutôt attentif (j’ai dit « normal » ? bref…).

Alors, qu’est-ce que tu as fait à l’école aujourd’hui ?

Ben comme d’habitude.

C’est-à-dire ?

Des maths, du français, des trucs comme ça.

Et vous avez commencé quoi en français ?

Je sais plus.

Tu sais, c’est bien de se souvenir au moins du titre de la leçon du jour, c’est important.

Ah, ça, je sais : c’est O1 et G1. (pour orthographe 1ère leçon et grammaire 1ère leçon au cas où cette codification ne vous serait pas familière…)

[Soupir] Et en maths, tu te souviens de ce que vous avez fait ?

Un truc avec des choux. Fallait savoir combien on pouvait en mettre dans un carré, mais je sais pas pourquoi.

Moi non plus, en mode humain normal, je ne sais pas pourquoi il faudrait compter combien de choux je peux mettre dans un carré. Ce printemps, j’en ai acheté une dizaine, et je les ai plantés là où il y avait de la place dans le jardin… En mode prof, je comprends bien l’utilité du calcul, mais je ne peux m’empêcher de penser au sketch de Gad Elmaleh « les maths« … (Allez-y, c’est drôôôôôôle, et tellement vrai…).

L’enseignant, sa personnalité, ses talents de pédagogue, vont très certainement jouer sur le sens que l’enfant va mettre sur ses apprentissages, mais je ne crois pas que les solutions se trouvent là. Pourquoi ? Tout simplement parce que cela fait partie des choses que je ne contrôle pas en tant que maman. Et parce que chacun fait de son mieux avec les cartes qu’il a en main, sur cette planète…

Alors qu’est-ce qu’on fait ? On écoute Einstein :

« L’école devrait toujours avoir pour but de donner à ses élèves une personnalité harmonieuse et pas celui d’en faire des spécialistes »

Je pense que le rôle des parents est de dédramatiser.

Mon médecin, une charmante jeune femme à l’allure épanouie, était – et est toujours, d’ailleurs- dyslexique. Elle a raconté à ma fille combien sa scolarité a été difficile. « Si j’avais écouté mes profs, je serais aujourd’hui vendeuse au Mac Do » (pardon pour les vendeuses du Mac Do, je respecte la citation…). « Une seule personne a toujours cru en moi : ma mère. Elle me disait toujours : fais de ton mieux, et garde ton objectif quoique disent les autres. » Elle a galéré, elle a redoublé, elle a tenu bon, aujourd’hui elle vient de terminer sa thèse de médecine. « L’accouchement sous hypnose ». Si, si.

Tout est affaire de croyance. Si vous ne croyez pas en votre enfant, il ne croira pas en lui. C’est ce qu’on appelle l’effet Pygmalion (voir l’expérience édifiante de Rosenthal et Jacobson à ce sujet). Les adultes qu’il rencontrera dans sa scolarité ne seront pas tous bienveillants et confiants en ses capacités. A vous de l’être. Il suffit d’une personne. Faites-lui réellement confiance.

Défi n°1 : Surveillez vos paroles. Ce que vous lui dites a un impact direct sur l’image qu’il se fait de lui-même. A partir d’aujourd’hui, soyez conscient de vos paroles. Celles que vous dites à votre enfant, et celles que vous dites aux autres pour parler de lui.

– Comment va Marius ?

– Il progresse, je suis contente pour lui.

La copine repart avec une idée positive de Marius. Plus il y aura d’idées positives qui flotteront autour de Marius, plus il sera porté vers le haut !

C’est comme un jeu. Un jeu de conscience, car c’est fou le nombre de phrases assassines qu’on est capable de sortir – en toute inconscience – en une journée… Et quand je dis « assassines », je pèse mes mots, car c’est bien de l’identité de votre enfant qu’il s’agit, c’est son être le plus profond qui est atteint.

Il existe un livre qui s’appelle « Ne leur dites jamais… », de Joseph et Caroline Messinger. Il recense toutes ces phrases qu’on a entendues de nos parents et qu’on transmet telles des mots empoisonnés à nos propres enfants… Plus loin encore, derrière chaque expression se cache chez le parent un trait psychologique peu louable…

Exemple : « Tu pourrais faire un effort, tout de même ! »

Le sens de l’effort s’acquiert ou se développe par imprégnation, notent les auteurs, le parent qui admoneste son rejeton tout en focalisant son attention sur l’écran de sa télé est un parent aussi virtuel que les images qui défilent sur son écran.

Ce qui nous mène au Défi n°2 : l’attention !

Combien de temps par jour êtes-vous vraiment là, attentif et curieux de ce que fait votre enfant ? Quand mes enfants étaient petits, je passais parfois des journées horribles. Je ne pouvais rien faire, ils chouinaient, me collaient, refusaient de dormir et quand je m’écroulais sur le canapé le soir, une fois tout le monde endormi, je me disais « Mais qu’est-ce qui cloche ? C’est invivable. QUI peut survivre à ça ??? »

J’ai fini par comprendre. J’étais stressée, fatiguée, pressée, débordée, et je n’étais tout simplement, mentalement et énergétiquement, pas disponible  pour eux. Comme je n’avais pas de solution pour le « stressée, fatiguée, pressée, débordée », j’ai opté pour quelques minutes de pleine attention chaque jour. Un jeu de société, une histoire, une danse tous ensemble musique à fond dans la maison… n’importe quoi pourvu que le téléphone soit coupé et mon attention entièrement disponible pour eux.

Ça marche.

Plus de journées de crise paroxystique.

Une meilleure image d’eux-mêmes. C’est quand même un des premiers besoin de l’humain de se sentir RECONNU ! J’existe. Je suis important pour maman, pour papa, qui passent du temps avec moi.

Dans la suractivité ambiante, on a tendance à l’oublier, mais vous aussi, vous avez besoin de signes de reconnaissance, de vous sentir exister, de vous sentir aimés, d’être important pour quelqu’un, non ?

Mettre du sens, ça commence chez nous. Si mon enfant se sent comme un fauteur de trouble, un incapable, un moins que rien, est-ce qu’il pense que sa vie a du sens ? Alors des choux dans un carré…

Bon, je pense qu’il est temps que je propose un jeu de dames à mon petit dernier…

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